Levy-Sergio Mutemba

Les poids respectifs des actions composant l’indice S&P 500 étant fonction de la capitalisation boursière, c’est-à-dire de la taille, la performance des actions les plus grandes peut plus que compenser la performance des actions de petite et moyenne taille, que l’on retrouve pourtant en plus grande quantité.

Durant les périodes où les conditions économiques favorisent des entreprises affichant des taux de croissance des revenus et des bénéfices élevés, la forte concentration de l’indice S&P 500 sur des entreprises matures à taux de croissance relativement faibles crée un coût d’opportunité pour les investisseurs. Ces derniers ne parviennent pas à exploiter l’empreinte économique réelle des entreprises les plus dynamiques.

De ce constat est né le « smart beta ». Une façon d’investir dans des indices construits non pas en fonction de la taille des entreprises mais sur la base de primes factorielles telles que la qualité des revenus, la faible volatilité des titres, leur momentum (dynamique historique des cours à court terme) ou encore les valorisations.

De l’investissement passif dans des stratégies actives

L’un des pionniers dans la conception de stratégies factorielles, l’EDHEC-Risk Institute a expliqué dans une étude que les indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière reflètent l’empreinte économique des titres sur les bourses. Et que les indices pondérés en fonction de caractéristiques spécifiques aux entreprises (revenus, dividendes, ratio valeur comptable/valeur de marché) reflétent l’empreinte des entreprises sur l’économie réelle.

« Notre approche pondère les titres en fonction de l’empreinte du profil de risque dans le portefeuille de l’investisseur. » Autrement dit, l’investissement factoriel a pour mission de maximiser le poids des positions contribuant le plus à augmenter le ratio de Sharpe (l’écart de rentabilité par rapport à un investissement sans risque) et minimiser celui des positions limitant le plus l’expansion de ce ratio. Et ce, sans nécessairement assumer plus de risque que ne l’implique un investissement dans un indice capi-pondéré.

Du fait que les primes factorielles évoluent dans le temps et avec les prix des actifs, les rééquilibrages ou rebalancements des portefeuilles sont systématiques, afin de préserver les caractéristiques de l’indice alternatif. Le smart beta est ainsi souvent associé à de l’investissement passif dans des stratégies actives. Un peu comme investir dans des fonds spéculatifs à faible coûts, notamment grâce aux nouvelles technologies des infrastructures de marché.

Ce que les investisseurs recherchent dans une entreprise

Vendredi dernier, l’agence de presse et société d’édition de données financières Thomson Reuters a annoncé un partenariat avec le conseilleur d’investissement Affinity Investment Advisors dans le cadre du lancement de l’indice Thomson Reuters StarMine Affinity World Leaders Index. L’indice a pour cible les investisseurs souhaitant s’exposer aux actions les plus performantes des marchés développés.

Pour cela, l’indice utilise des facteurs fondamentaux développés par la société StarMine, spécialisée dans la modélisation financière prédictive, tels que les révisions d’analystes, les valorisations relatives et intrinsèques, la dynamique des cours (momentum) ou encore la qualité des revenus.

« Aujourd’hui plus que jamais, les investisseurs des marchés actions ont besoin d’indices qui ne se limitent pas à offrir un accès à des marchés globaux et des sous-secteurs mais qui offrent également un plus haut niveau de transparence », commente Stephan Flagel, directeur global des indices chez Thomson Reuters, dans un communiqué.

« Notre univers est dominé par des indices capi-pondérés passifs dont les stratégies consistent simplement à offrir une exposition », ajoute pour sa part Greg Lai, CEO et CIO d’Affinity Investment Advisors. « L’indice Thomson Reuters StarMine est un pionnier en ce qui concerne l’offre de données relatives aux expositions à des facteurs stratégiques qui représentent ce que nous recherchons tous dans une entreprise », ajoute Greg Lai. Qui dit observer un tassement de la demande d’indices passifs sans réelle valeur ajoutée au profit des indices de betas stratégiques.

Rédigé par Ondines Digitales

Une équipe de journalistes indépendants spécialisés dans la finance et l'investissement, accompagnant les bouleversements structurels des marchés des capitaux et du système bancaire suscités par la montée en puissance des technologies de stockage et de transmission de données décentralisées.

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