La banque d’investissement suisse Vontobel a publié aujourd’hui sa lettre d’information mensuelle Derinews consacrée à sa gamme de produits structurés. Parmi les thématiques traitées, le groupe bancaire revient sur le concept de bifurcation (« fork ») entourant le système de paiement décentralisé. Vontobel a notamment mis sur le marché deux certificat tracker sur Bitcoin (dont un sans échéance, « open-end »), ainsi que des mini-futures sur la crypto-monnaie.

Fork, hard fork, soft fork, UASF – autant de concepts que l’on rencontre régulièrement dans l’univers des crypto-monnaies et aux chaînes de blocs. Qu’est-ce qu’un « fork », quels sont les différents types de fork et comment Vontobel en tient-elle compte au niveau de ses certificats?

De plus en plus de crypto-monnaies se voient contraintes de développer leur chaîne de blocs pour des raisons diverses. Le bitcoin a par exemple été victime de son succès: en raison de sa popularité grandissante et du nombre de transactions croissant, la chaîne de blocs de la célèbre monnaie virtuelle s’est heurtée aux limites de sa capacité et de sa puissance. La communauté s’est alors mise à rechercher des solutions et s’est dernièrement accordée sur la mise à l’échelle SegWit2x avec une première étape passant par l’activation de SegWit. Mais le hard fork SegWit2x (augmentation de la chaîne de blocs à 2 Mo) a été annulé au dernier moment en raison du risque de dissolution de la communauté. Le hard fork bitcoin cash a été l’option choisie pour contourner le problème de la mise à l’échelle. Un fork, autrement dit une scission de la chaîne de blocs, peut se produire à tout moment.

Un fork n’a rien de «mauvais»

Le terme anglais de «fork» signifie «bifurcation». Il décrit en principe un événement lors duquel un logiciel open-source connaît un nouveau développement. Comme son nom l’indique, un logiciel open source est librement accessible à tous. Toute personne intéressée peut donc le télécharger et le modifier dans un but personnel, créant ainsi un «fork». Une telle modification ne doit en aucun cas être considérée comme malveillante. Il s’agit simplement d’une composante élémentaire et souhaitable des projets open source. Les personnes ayant des connaissances en programmation sont ainsi en mesure d’apporter de nouvelles fonctionnalités au projet et de le faire avancer.

Il y a fork et fork

Partant de la chaîne de blocs du bitcoin qui se base sur un code source ouvert, le code source des développeurs peut être modifié localement. À la différence d’un projet logiciel, il est essentiel que les participants au réseau s’entendent sur certains éléments de la modification. Alors qu’un fork de logiciel sert à développer de nouvelles fonctionnalités sur la base de ce qui existe déjà, les forks de la chaîne de blocs visent plutôt à créer des alternatives. Il est donc important de pouvoir appréhender les forks par rapport à leur impact sur le logiciel existant, c’est-à-dire sur le réseau de la chaîne de blocs.

C’est là que les noeuds entrent en jeu. En termes simples, les noeuds stockent la chaîne de blocs et la mettent à disposition du réseau. Ils sont pour ainsi dire responsables de « l’infrastructure » et doivent tous être gérés avec un logiciel mutuellement compatible pour pouvoir s’entendre. Si une modification ou un ajustement du protocole est proposé et soumis, il existe deux possibilités d’exécuter le fork.

Deux types de forks sur la chaîne de blocs

Dans la réalité, la mise en oeuvre d’un changement de protocole n’est pas toujours si simple. Deux possibilités sont en principe ouvertes au réseau : hard fork ou soft fork. Quelle que soit l’option choisie, il est vital pour le réseau que tous les utilisateurs actifs restent « compatibles » entre eux. Si ce n’est pas le cas, il y a risque de scission de la chaîne de blocs.

Qu’est-ce qu’un soft fork?

Dans le cas d’un soft fork, les anciens et nouveaux noeuds continuent à travailler ensemble. Ce type de fork se distingue par une compatibilité dite « descendante ». Les
noeuds peuvent ainsi travailler en réseau avec diverses versions du logiciel sans problèmes de compatibilité. Les noeuds qui cherchent à établir leur nouveau standard
avec un nouveau logiciel utilisent donc la nouvelle procédure pour tous les blocs. Dès que la majorité est atteinte sur le réseau, tous les noeuds communiquent avec le nouveau logiciel.

Qu’est-ce qu’un hard fork?

Dans le cas d’un hard fork, les anciens et nouveaux noeuds se séparent. Il en résulte deux chaînes de blocs différentes avec une nouvelle crypto-monnaie. Ce type de fork n’a donc pas de compatibilité descendante, ce qui pose des problèmes particuliers. Le premier d’entre eux réside sans doute dans le maintien d’un consensus au sein de la communauté. Tous les noeuds doivent nécessairement actualiser le logiciel afin de pouvoir prendre en compte de nouveaux blocs (dans un soft fork, les noeuds issus de l’ancien logiciel peuvent facilement prendre en compte de nouveaux blocs grâce à la compatibilité). L’incompatibilité des versions logicielles donne lieu à une scission avec un nouveau réseau. En conséquence, les utilisateurs opèrent sur des chaînes de blocs
différentes après s’être décidés pour ou contre la mise à jour. Ce processus, également appelé fork de la chaîne de blocs, est différent d’un fork logiciel.

Exécution d’un fork sur le bitcoin

Pour préserver la décentralisation, la compétence décisionnelle est laissée au réseau. Les mineurs décident en dernier ressort des changements – initiés par les développeurs de l’équipe Bitcoin Core ou autres – qu’ils souhaitent suivre sur quelle chaîne de blocs. Par conséquent, tous les nouveaux développements doivent être régulièrement acceptés par les mineurs pour être mis en oeuvre. Les différents types d’exécution sont le «Miner Activated Fork», le «User Activated Soft Fork (UASF)» et le «Miner Activated Hard Fork (MASF)» (voir l’infographique ci-dessous).

Comment Vontobel tient-elle compte des hard forks au niveau des certificats?

En cas de hard fork, Vontobel s’efforce de veiller à ce que tous les investisseurs soient sur  un pied d’égalité économique avant et après l’événement. Pour cela, les conditions
suivantes doivent être remplies : tout d’abord, un certain montant de la crypto-monnaie doit être disponible dans nos portefeuilles. À défaut, Vontobel ne pourra pas refléter un hard fork éventuel dans son intégralité. En outre, la conversion des portefeuilles doit être jugée sûre et il doit y avoir compatibilité avec la nouvelle monnaie. Par ailleurs, un logiciel permettant d’administrer les portefeuilles avec la nouvelle crypto-monnaie doit être mis à disposition sur le marché. Enfin, les places financières avec lesquelles nous travaillons doivent proposer la nouvelle monnaie au négoce. Si ce n’est pas le cas, Vontobel ne pourra pas liquider une position correspondante et la transmettre au client. L’essentiel est d’analyser les hard forks au cas par cas.

Types de Fork

Source: Derinet/Vontobel

Rédigé par Ondines Digitales

Une équipe de journalistes indépendants spécialisés dans la finance et l'investissement, accompagnant les bouleversements structurels des marchés des capitaux et du système bancaire suscités par la montée en puissance des technologies de stockage et de transmission de données décentralisées.

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